Premier article du journal N°27 Depuis 10 ans nous formons DEs PAYSANs : NOUS AVIONS RAISON ! AUJOURD’HUI LES ORGANISMES INTERNATIONAUX EN REDECOUVRENT LE BESOIN Emeutes de la faim : accusée ces dernières années d’avoir liquidé les cultures vivrières en Afrique, la banque mondiale s’inquiète car le doublement des prix alimentaires poussera plus profondément dans la misère 100 millions d’individus vivant dans les pays pauvres. L’explosion de l’insécurité alimentaire inquiète l’ONU dont les modèles d’analyse se sont rarement appliqués à des situations où il y a de la nourriture mais où les gens n’ont pas de quoi se la payer. Questions et polémiques sur l’utilité des agro carburants se multiplient sur fond de hausse des prix et d’émeutes... La flambée des prix alimentaires est vertigineuse et mondiale. Comment l’expliquer ? Pourquoi les stocks céréaliers ne se reconstitueent pas et sont à leur niveau le plus bas ? Plusieurs facteurs : - la croissance de la population, la spéculation et les intempéries bien que la production céréalière reste en augmentation
- la reconversion des terres agricoles pour faire des biocarburants
- l’explosion de la demande due au changement des habitudes alimentaires des pays émergents comme la Chine et l’Inde.
Il est donc très probable que les prix resteront durablement élevés. Aucun pays n’est épargné et, pour les plus pauvres, disettes et famines sont d’ores et déjà annoncées en différents points du globe. Les réactions violentes se multiplient.Dans les villes du Burkina, les manifestations contre la vie chère se succèdent. Si cela continue, ceux qui ont la chance d’avoir un emploi auront de plus en plus de mal à se prendre en charge. Dans les grandes villes au Burkina et ailleurs, que deviendront toutes ces familles et ces jeunes sans emploi qu’elles soutiennent encore jusqu’ici. Il y a de quoi être inquiet.En Europe, des mesures ont été prises pour limiter cette hausse (suppression des quotas laitiers, des jachères, baisse des droits de douane). Dans un pays comme le Burkina soumis aux ajustements structurels et au libre-échange : - On continue à produire ce qui n’est pas consommé localement (le coton) et à consommer ce qui n’est pas produit sur place (le riz-poubelle de l’Asie).
- On adopte le coton OGM, aux risques des populations et au profit de la firme Monsento
- L’Etat s’engage à céder des terres aux sociétés étrangères de biocarburants comme AgroEd.
- On importe pour plus de 13 millions d’euros de produits laitiers malgré un cheptel de 9 millions de bovins…
Des alternatives existent. Après avoir contribué à imposer des agricultures non subventionnées et sans protection douanière et à privilégier les cultures de rentes, les organismes internationaux (banque mondiale, fonds monétaire international,…) envisagent de revenir sur ces politiques désastreuses : la priorité doit être donnée à des politiques agricoles tournées vers le soutien aux petits paysans Les mouvements alter mondialistes réaffirment notamment au travers des forums sociaux le droit à la souveraineté alimentaire. Le droit des populations, de leurs Etats ou Unions à définir leur politique agricole et alimentaire pour une sécurité alimentaire libre et autonome. On va peut-être donner, enfin, aujourd’hui la priorité à la production agricole locale pour : - nourrir la population,
- garantir l’accès des paysans aux moyens de productions (terre, eau, matériels, intrants, credits...),
- offrir aux paysans les formations pratiques indispensables○ garantir à chaque pays le droit de se protéger des importations agricoles et alimentaires à trop bas prix.
Mais cela ne se réalisera pas sans notre participation. Cela nécessite notre contribution aux luttes, le changement de nos habitudes alimentaires et notre soutien aux petits agriculteur les plus vulnérables. Au Burkina, depuis bientôt 10 ans, ASFBD prone ce changelent et le met en oeuvre. Chaque année, nous préparons, nous équipons puis nous accompagnons de jeunes familles qui adopteront dès leur sortie une pratique durable et plus performante du métier d’exploitant agricole. Pour que chacun puisse vivre dignement, pour une agriculture burkinabè plus productive et respectueuse de l’environnement, pour que de plus en plus de jeunes agriculteurs installés puissent donner l’exemple, la Ferme Ecole de Latian doit consolider et vulgariser son travail. Aujourd’hui, plus qu’hier, les jeunes paysans du Burkina ont besoin de votre soutien dans la durée, que nous soyons de plus en plus nombreux à soutenir notre Ferme Ecole. Patrick Peyron
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